Installé dans un quartier tranquille de la banlieue de Philadelphie,
Sylvester Stallone se passionne pour la culture physique dès ses
12 ans. Il s'intéresse également à la comédie dès son adolescence,
tenant ses premiers rôles dans la troupe du lycée local, mais décide
de privilégier le sport avant d'être envoyé au Collège Américain de
Genève pour y enseigner la gymnastique. A son retour aux Etats-Unis,
le jeune homme suit les cours de comédies de l'Université de Miami
et écume les castings. Il finit par devenir en 1970 la vedette d'un film
érotique, L'Etalon italien, puis figurant dans Bananas (1971) de Woody
Allen. Après quelques tentatives télévisuelles, le comédien se spécialise
dans les rôles de voyous (Les Mains dans les poches (1974), Adieu,
ma jolie (1975), La Course à la mort de l'an 2000 (id.)).
Lassé d'attendre le rôle de sa vie, Sylvester Stallone
écrit l'histoire d'un boxeur parti de rien qui concrétise
ses rêves de champion. Si le script intéresse de nom-
breux studios, tous souhaitent néanmoins qu'une star
confirmée enfile les gants de boxe. Stallone leur tient
tête et obtient finalement gain de cause : en 1976, le
destin de Rocky fait de l'acteur américain une superstar.
Sylvester Stallone est nommé dans les catégories Meilleur
acteur et Meilleur scénariste aux Oscars 1977, tandis que
le film est sacré Meilleur film par l'Académie et connaîtra
quatre autres épisodes (Rocky 2 (1979), Rocky 3 (1982),
Rocky 4 (1985), Rocky 5 (1990)). Dès lors, les projets de
films se montent sur son seul nom, comme le drame
F.I.S.T. (1978).
Outre la saga Rocky, Sylvester Stallone est en 1982 à
l'affiche d'un nouveau film d'action qui va le conforter
dans son statut de star : le vétéran de la guerre du
Vietnam John J. Rambo, qui connaîtra deux autres
opus en 1985 (Rambo II : la mission) et 1988
(Rambo III). Propulsé nouvelle vedette du film d'action,
le comédien enchaîne les productions musclées et
populaires, telles que Bras de fer (1987), Tango &
Cash (1989) et Haute sécurité (id.). Après un passage
peu concluant à la comédie en 1992 (Arrête ou ma
mère va tirer, L'Embrouille est dans le sac), Sylvester
Stallone renoue avec le succès grâce à un catalogue
de personnages valeureux et casses-cou : un secouriste
de haute montagne dans Cliffhanger (1993), un policier
dans le futuriste Demolition man (id.) ou encore un
spécialiste en explosifs dans L'Expert (1994). En
1996, Daylight marque un tournant dans la carrière
du comédien : doté d'un budget de 80 millions de dollars,
ce film catastrophe n'en rapporte même pas la moitié sur
le territoire américain. Sylvester Stallone revoit alors ses
ambitions à la baisse et accepte un cachet de 60 000
dollars (contre les vingt millions qu'il était en mesure de
percevoir) pour jouer un shérif atteint de surdité dans
Copland (1997), un rôle qui sera salué par la critique.
Malheureusement, dans les années 2000, si Sylvester
Stallone fait à nouveau parler de lui, c'est en référence
aux échecs successifs de ses films : Get Carter, Driven,
Avenging Angelo et Les Maîtres du jeu. En 2002, le thriller
Compte à rebours mortel n'est même pas distribué aux
Etats-Unis. Mais le comédien sait toujours user de son
charisme et faire preuve d'autodérision, comme en témoi-
gnent son apparition clin d'oeil dans Taxi 3 (2003) et sa
prestation caricaturale du Toymaster dans Mission 3D
Spy kids 3 (2004)... Après avoir animé l'émission de
télé-réalité The Contender sur l'univers de la boxe, la
star déchue parvient, à 59 ans, à remonter sur le ring pour
les besoins de Rocky Balboa (2007), sixième opus de la
célèbre saga aux relents nostalgiques. Revigoré par ce
succès soudain, Sylvester Stallone accepte même sous
la pression des studios de revêtir une nouvelle fois le
bandana de John Rambo pour un quatrième épisode
qu'il souhaite plus sanglant que les précédents.